Témoignages d’étudiants


Wanissa BENHADJ

étudiante de l’IUAR-Aix-Marseille,

a effectué un séjour d’études à l’ESAD (Université Laval) de septembre à décembre 2015.

Expérience québécoise

Mon aventure a commencé dans les airs le 27 Aout 2015. C’est par voie aérienne que je suis arrivée à destination de Québec, au bout de 8 heures je suis redescendue sur la terre ferme. Dans les deux cas, le rapport au sol et à l’air n’est plus le même.

Premières impressions : ici tout est plus vert, plus plat, plus étalé, plus rectiligne, plus aéré, plus distancé.

Par expérience personnelle, je savais qu’arriver dans un environnement étranger peut s’avérer être une vaine entreprise. Mais à Québec ce fut différent. Mon intégration et mon acclimatation ont été en parti facilitées grâce au chaleureux accueil qui me fut réservé tant par l’équipe pédagogique de l’ESAD (Faculté d’Aménagement, d’Architecture, d’Art et de Design de Laval) que par les étudiants, notamment par le biais des liens tissés avec Marjorie Lavoie, étudiante qui fut en échange au sein de ma promotion à l’IUAR la session universitaire précédente.

Quand on arrive dans un nouvel environnement, on devient nécessairement novice et il faut tout réapprendre. S’adapter, s’intégrer, prendre ses marques, se repérer dans la ville, régler les dernières formalités administratives. Durant une première semaine, j’ai plutôt été passive qu’active. En effet, il me fallait nouer avec une culture qui n’était pas la mienne. Ballotée d’une succession d’informations de guichet à d’accueil à guichet d’accueil, ma première semaine à Québec a été un agrégat de numéros ; numéro étudiant, numéro de sécurité sociale, code postal, référence de cours, de salles, lignes de bus, une saturation de chiffres… Et puis, il a fallu aussi se familiariser avec mon terrain d’étude et de vie : le campus de l’Université Laval, où près de 40 000 étudiants se fréquentent quotidiennement. Un campus caractérisé par la suite de mots suivant « Pavillon » (bâtiment universitaire spécifique à chaque domaine d’étude) – immense complexe sportif, nombreux espaces verts et aménagements paysagers – résidences universitaires – la grande bibliothèque insomniaque – le restaurant universitaire – les nombreuses cafétérias – le cinéma etc… et la liste est encore longue.

Ce qui m’a d’abord frappé, c’est l’ancrage de la notion de « vivre la ville » dans l’université.

Une véritable ville dans la ville, où toutes les fonctions urbaines sont présentes et se côtoient. De facto, un campus universitaire que je qualifierai de véritable « microcosme » de la ville. En effet, j’ai surtout eu cette impression, de par la philosophie des lieux et la mixité des usages associés, de revisiter « en live » mais de manière un peu plus contemporaine les principes d’urbanisme érigés par la charte d’Athènes : habiter, travailler, se recréer (dans les heures libres), et enfin circuler !

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Il faut enfin parler du fameux hiver québécois. La transition entre l’été indien et l’hiver est assez rude, puisque les températures passent en dix jours d’une vingtaine de degrés à des températures négatives. Il est constitutif de l’identité canadienne. Celui de cette année a débuté mi-novembre et devrait s’achever à la fin avril… Tout est fait pour apprivoiser ces températures extrêmes et il s’agit avant tout de volonté. Tous les bâtiments de l’université sont reliés par des tunnels souterrains chauffés. Effet bunker dans la micro-ville assuré !

Concernant les cours que j’ai suivis, ils ont tous été très intéressants, et enrichissants. Le cours de finance immobilière et de développement local, entre théories de gestion foncière et mise en exercice mathématique, m’a permis d’accroitre mes connaissances dans le champ de l’économie urbaine. Il met en perspective de nombreux débats au cœur des préoccupations actuelles et futures que tout urbaniste se doit à mon sens, d’intégrer dans toute démarche de projet.

S’imprégner d’un territoire, d’une culture, d’un art de vivre, se laisser embarquer par la foule la culture, le rythme, la musicologie des lieux … Avec les cours sur les parcs et réserves naturelles et celui de gestion environnementale en milieu rural, les exercices technico-pratiques (sorties terrains, croquis, marches, balades urbaines, visites de fermes et d’exploitation agricoles etc ) couplés aux enseignements théoriques qui me furent délivrés m’ont fait réaliser que les canadiens possèdent une réelle longueur d’avance sur le volet du traitement de la biodiversité et du paysage.

Enfin j’ai suivi le cours d’Acteur, Participation publique et Aménagement du territoire qui m’a permis de plus m’intéresser au rôle clé de certaines figures et de certains acteurs (aménagistes, promoteurs, mouvements sociaux, etc.) dans la transformation des notions et des approches de l’aménagement du territoire.

De facto, être sur le territoire,  le vivre au quotidien et l’expérimenter fut une expérience très enrichissante, l’étudier l’est davantage. C’est une réelle valeur ajoutée de voir comment l’urbanisme et l’aménagement du territoire sont conçus et enseignés en dehors de l’hexagone. On développe des angles d’approches différents.  Par ailleurs, bien plus qu’un simple séjour d’échange universitaire, étudier à Québec m’a donné l’opportunité de visiter de nombreux endroits c’est une expérience unique et riche sur tous les plans.

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Les voitures québécoises détiennent sur leurs plaques d’immatriculation la mention suivante « Québec je me souviens ». Alors Oui Québec je me souviendrais surtout de ton environnement où la nature est reine, et où malgré les températures glaciales, le visiteur est roi. Je me souviendrais aussi de toutes ces personnes, que j’ai pu rencontrer, et aussi de tous les voyages et visites que j’ai eu la chance d’effectuer. J’ai d’abord visité tant dans le cadre de travaux universitaires que durant mon temps libre les alentours de Québec et ses paysages remarquables (Parc National Jacques Cartier, les Chutes de Montmorency, Île d’Orléans, …). Je me suis rendue de nombreuses fois à Montréal où j’ai savouré la vue panoramique depuis le Parc du Mont-Royal, visité longuement le Musée d’Art Contemporain, résolument beaucoup « flâné » rue Sainte Catherine, délicieusement régalé de poutine à la Banquise, et joyeusement relaxé au Belmont Boulevard Saint Laurent … De Montréal, je me suis rendue à Toronto, ville beaucoup plus anglo-saxonne et très animée. New-York à deux reprises, et Détroit (en mission commando de trois jours particulièrement inoubliable et intense) furent également au programme…. Je me suis envolée, pour apprendre, pour découvrir, pour m’épanouir et pour m’enrichir. Mission accomplie ! Alors je tiens à remercier tous les membres de l’IUAR, et plus particulièrement Madame Frédérique Hernandez, sans qui l’aventure n’aurait pas été possible.

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Marjorie Lavoie, étudiante de l’Ecole Supérieure d’Aménagement du Territoire et de Développement Régional (Université Laval-Québec) a effectué un semestre dans le Master 1 Urbanisme-Aménagement de l’IUAR/Aix-Marseille Université

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Rapport de séjour à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional d’Aix-en-Provence dans le cadre d’un semestre à Aix-Marseille Université :  une expérience des plus enrichissantes

Comment décrire en quelques lignes presque six mois d’une expérience d’études en France ? C’est une tâche plutôt ardue pour moi, qui pourrais bien en écrire un roman… Mais je vais faire de mon mieux !

Il est clair que les connaissances et compétences acquises tout au long de ces mois auront eu un grand impact sur ma carrière future. Avoir la chance d’être plongée concrètement dans l’élaboration d’un diagnostic territorial d’une commune de France, cela m’a permis une amélioration rapide et significative de mes compétences en tant que future urbaniste.

Pour commencer le semestre, j’ai eu la chance de découvrir le côté « artistique » de l’urbanisme grâce à un atelier qui a été réalisé durant la première semaine de cours : le « Workshop Paysage » m’a permis de voir les villes autrement. Savoir représenter un territoire à l’aide de plusieurs techniques a certainement changé ma vision de l’aménagement des villes et, bien que le dessin ne soit pas vraiment ma tasse de thé, j’ai adoré suivre ce cours.

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À seulement quelques heures de TGV d’Aix-en-Provence, la ville de Lyon m’avait aidé
à pratiquer la photographie tel un workshop Paysage !

La cartographie n’était pas très connue pour moi qui n’avais fait qu’un cours d’introduction au Québec avant d’arriver en France. Ce cours ayant porté sur un autre logiciel que celui utilisé à l’IUAR, j’ai dû réapprendre à faire des cartes qui étaient cependant beaucoup plus élaborées que ce que j’avais fait au Québec. Par conséquent, cela m’a permis d’ajouter une autre corde à mon arc pour l’avenir.

J’ai également eu la chance de suivre un cours d’initiation à la recherche qui était tout nouveau dans le programme et qui m’a aidé à développer une méthode de travail plus poussée pour la recherche documentaire de même qu’un meilleur esprit de synthèse.

Le cours concernant les déplacements a également été très intéressant, puisqu’il m’a permis de connaître plusieurs méthodes européennes en matière gestion de la mobilité et des déplacements. J’ai découvert que j’avais un grand intérêt pour les transports, et l’Europe est, selon moi, un exemple à suivre en cette matière.

Quand on pense à Aix-en-Provence, on pense un peu toujours à la populaire Rotonde…

Quand on pense à Aix-en-Provence, on pense un peu toujours à la populaire Rotonde…

Enfin, il a toutefois été beaucoup plus difficile de bien comprendre le droit qui encadre l’urbanisme. En France, la prise de notes en classe est bien différente de la méthode couramment utilisée au Québec. Si j’avais un petit conseil à donner aux futurs étudiants étrangers, il serait le suivant : révisez les cours avec vos collègues de classe qui ont l’habitude de suivre ce genre de cours afin de vous assurer d’avoir bien compris et assimiler les notions apprises au cours du semestre. Les examens se font beaucoup plus tard comparativement à la fin de l’enseignement des cours.

D’un point de vue plus social, à mon arrivée à Aix-en-Provence, j’ai vécu un gros choc culturel. Ce choc, il est subtil et plutôt sournois parce que nous, les québécois, avons beaucoup de ressemblances avec nos cousins français.

Le premier choc a été d’emménager dans une chambre 9 m2, mais bon, ça c’est une autre histoire… En réalité, le plus gros choc a été le sentiment que tous les étudiants semblaient se mettre une pression significative et qui s’est avérée bien difficile à gérer pour une personne aussi perfectionniste que moi. Toutefois, ce sont mes perceptions, peut-être que c’est également le stress d’un nouvel apprentissage tel qu’un diagnostic territorial peu connu qui entraînait ce sentiment d’une ambiance de travail relativement stressante.

En revanche, nous avons eu, tout au long du semestre, le grand soutien d’une équipe pédagogique soudée, professionnelle et très compétente.

Grâce à leur précieuse aide et à celle de mes collègues de travail, mon immersion dans le monde de l’urbanisme européen a ainsi été plus qu’enrichissante. Alors, pourquoi se mettre de la pression ? Par ailleurs, le fait d’avoir travaillé cinq mois sur le diagnostic territorial m’a permis de développer de belles amitiés. J’ai été bien accueillie et intégrée tant au sein des étudiants de Master 2 que ceux du Master 1 et j’en garderai de très bons souvenirs.

Même si un semestre de Master 1 en urbanisme est bien chargé, j’ai aussi eu la chance de voir beaucoup de pays. D’un point de vue urbanistique, la ville de Barcelone en Espagne et sa trame orthogonale a été un vrai coup de cœur. Mais la plupart des villes européennes que j’ai eu la chance de visiter avaient toutes leur caractère unique en soit et m’ont toutes apporté quelque chose tant d’un point de vue personnel que professionnel. Après mes derniers examens, j’ai eu envie de retrouver un peu de nature et de grands espaces comme on peut en retrouver facilement au Québec. Mon pays préféré pour cet aspect : L’Irlande et ses falaises…

Finalement, il est bien certain que je ne me souviendrai pas toute ma vie de tout ce qui m’a été enseigné durant les six derniers mois, mais l’ouverture d’esprit que j’ai développée en vivant dans un autre pays et en voyageant comme je l’ai fait restera définitivement en moi.

Bien que les enjeux géographiques et démographiques, pour ne nommer que ceux-là, ne sont pas les mêmes en France (et en Europe…) qu’au Québec, l’esprit de comparaison avec ce qui se fait en France par rapport au Québec est un autre aspect que j’ai pu découvrir grâce à ce semestre inoubliable à Aix-en-Provence.

 

Gabriel LEFEBVRE-ROPARS,

étudiant de l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal,

a effectué un semestre dans le Master 1 Urbanisme et aménagement à l’IUAR/Aix-Marseille Université.

Premières impressions

J’ai quitté Montréal au milieu d’une tempête de neige, au mois de janvier, pour être accueilli à Marseille par un soleil éblouissant et une température de 10°C qui me semblait tropicale à ce moment-là. Mon premier réflexe a évidemment été de m’asseoir à la terrasse d’une brasserie et de boire un demi en me félicitant d’avoir choisi le sud de la France pour y passer l’hiver! J’ai déposé mes pénates dans un appartement marseillais et j’étais prêt à affronter le dernier semestre de ma formation.

À l’occasion de ma première journée de cours, après avoir affronté les bouchons entre Marseille et Aix, j’ai été accueilli par l’équipe pédagogique de l’IUAR et les étudiants de la promotion de Master 1. Après avoir été présentés par les enseignants, mes collègues de l’UdeM et moi-même avons été invités à rejoindre des équipes de travail dans le cadre de l’atelier de diagnostic territorial, pièce maîtresse de la formation de première année. Moi qui suis plutôt timide, je me suis retrouvé accueilli et intégré en un rien de temps à une cohorte pourtant tissée serrée!

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Un semestre bien chargé

Si les cours donnés à l’IUAR ressemblaient beaucoup à ceux que j’avais suivis à l’UdeM, les notions enseignées s’appuyaient évidemment sur des référents européens. Cela s’est avéré être une expérience très enrichissante et, parfois, plutôt ardue. Je m’étais en effet mis en tête de prendre un cours portant sur les outils juridiques de l’urbanisme, une belle initiation au fameux «mille-feuilles» administratif français.

L’équipe pédagogique s’est avérée être très soudée et, contrairement à mon expérience à Montréal, il n’y avait presque pas de répétitions et de redondance entre le contenu des différents cours.

Contrairement à tout ce que j’avais entendu à propos de l’enseignement «à la française», j’ai trouvé les enseignants très faciles d’approche et toujours ouverts à répondre aux questions des étudiants pendant leurs cours. Le tuteur assigné à mon équipe d’atelier s’est également avéré très accessible et disponible – et surtout d’une grande patience par rapport aux petits morceaux de jargon québécois qui s’immisçaient inévitablement dans mes textes.

Le processus de diagnostic territorial en tant que tel s’est avéré être une épreuve intéressante, autant en termes d’intégration à une équipe de travail aux méthodes différentes, d’appréhension d’une réalité urbaine à des kilomètres (littéralement!) de celle qui m’est familière ainsi que de mobilisation d’outils et de notions adaptées à un contexte politique et législatif qui m’était complètement étranger. J’ai pourtant retrouvé plusieurs éléments familiers dans ce «diag»: l’arpentage sans relâche du territoire, les longues séances de réflexion en groupe et le travail en «charrette» dans la semaine précédant la présentation finale de notre diagnostic.

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En plus de présenter le résultat de notre travail à l’équipe pédagogique, mon équipe et moi avons également eu la chance d’effectuer une deuxième présentation à la Mission interministérielle pour le projet métropolitain Aix-Marseille-Provence.

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Les élus de la commune qui faisait l’objet de notre diagnostic (Coudoux) ont également exprimé le souhait de nous recevoir pour une présentation dans le cadre de la révision de leur Plan local d’urbanisme.

Si le travail scolaire semble souvent un peu ingrat, puisqu’on y investit énormément d’efforts sans que le résultat ne soit utile au-delà de notre relevé de notes, les opportunités offertes par l’IUAR m’ont au contraire fourni l’occasion de ne pas travailler «dans le vide».

Au-delà de l’IUAR…

Évidemment, mon séjour sur Aix-Marseille a été pour moi l’occasion d’aller explorer l’Europe et ses villes. Avec un emploi du temps qui me donnait, la plupart du temps, deux jours de congé par semaine, j’ai arpenté les capitales européennes (et au-delà!) en suivant les conseils de mes professeurs montréalais: «Allez voir du pays, il faut voir des villes pour savoir « faire » des villes». Avec son aéroport qui accueille plusieurs compagnies low-cost, Aix-Marseille est plutôt bien situé pour aller se promener, le temps d’un week-end, à Amsterdam, Berlin, Prague, Istanbul, Marrakech

Une occasion en or pour développer des référents qui me serviront tout au long de ma carrière d’urbaniste.

Mon seul regret? Cette impressionnante facilité de voyager d’un bout à l’autre de l’Europe m’aura conduit à très peu visiter mon pays d’accueil, la France. Mais bon, ce sera pour un autre voyage, j’imagine!

Après six mois passés en sol français, c’est avec un pincement au cœur que je suis reparti vers Montréal. Au moins, l’hiver était terminé depuis bien longtemps!

Je garde de mon séjour à l’IUAR de très bons souvenirs: ceux d’une cohorte fort accueillante ainsi que d’une équipe pédagogique dynamique et passionnée.

J’en garde aussi une tonne de nouveaux référents et de nouvelles idées à appliquer à ma future pratique en tant qu’urbaniste. Si c’était à refaire, je n’y changerais rien!

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Laura_BellagambaLaura Bellagamba a suivi la maîtrise d’Aménagement du Territoire et de Développement Régional à l’Ecole Supérieure d’Aménagement et de Développement régional (ESAD) de Québec.

Quelles ont été vos premières impressions lors de votre arrivée à Québec ?

Je suis arrivée à Québec après un vol jusqu’à Montréal puis 3 heures de car. Le car entre dans la ville de Québec par les quartiers périphériques composés de maisons individuelles et de bâtiments plus ou moins bien entretenus. Certains sont en métal et donnent une drôle d’impression. Ce n’est pas l’image la plus pittoresque ni la plus valorisante de Québec. Mais très vite, j’ai pu vivre l’ambiance animée et chaleureuse des rues typiques de la ville car ma première collocation était située dans le centre. Ce logement donnait sur une ruelle qui faisait office de cour commune aux résidents, j’ai apprécié la convivialité entre voisins.

Québec sous la neige, novembre 2013

Québec sous la neige, novembre 2013

Quels sont les enseignements que vous avez suivi à l’ESAD, que vous ont-ils apporté ?

J’ai suivi 5 cours proposés au semestre d’automne (septembre 2013 à janvier 2014) : Développement régional et local ; Parcs et réserves écologiques ; Gestion écologique du territoire ; Revitalisation des centres-villes et Les Transports : problèmes et perspectives. Ces cours, très variés dans leurs contenus, ont réellement complété les connaissances acquises en France.

L’enseignement sur le Développement régional m’a donné des méthodes en matière d’économie que j’utilise actuellement dans le cadre de mon stage à Brignoles (Communauté de communes du Comté de Provence) et pour mon mémoire de fin de Master 2.

Le cours Gestion écologique nous sensibilise à une autre approche de l’occupation du territoire à travers l’étude d’une cartographie basée sur la nature des sols permettant d’utiliser de façon plus durable nos connaissances pour l’aménagement du territoire.

L’enseignement Revitalisation des centres-villes est donné par un praticien, qui nous montre comment intervenir pour améliorer l’aspect et de confort des bâtiments situés en cœur de ville, dans des tissus contraints. La nécessité d’intégrer rapidement un nouveau fonctionnement territorial et d’apprendre les outils utilisés au Québec m’a permis d’avoir un certain recul sur les pratiques et le mode de fonctionnement du mille-feuille territorial français. Ainsi, j’ai appris à développer une autre approche qui m’a ensuite servi dans l’élaboration du projet d’atelier dans la spécialité « Urbanisme durable » que j’ai intégré à mon retour à l’IUAR.

Qu’est ce qui vous a surpris dans le fonctionnement universitaire québécois ?

Les cours reposent sur la lecture de documents préparatoires contenant des textes en français et en anglais. J’ai passé beaucoup de temps en « lecture » et cela m’a beaucoup appris. L’évaluation des cours se réalise sous forme de contrôles continus avec de nombreux travaux de groupe et des présentations orales régulières. J’ai été surprise par la facilité avec laquelle les étudiants québécois s’expriment en public : l’appréhension pour l’oral n’existe pas là bas. Au moment de la constitution des groupes, j’ai tenu à m’associer à des étudiants québécois pour profiter au maximum de l’échange de cultures offert par cette mobilité internationale. J’ai également était frappé par la grande attention portée à chacun des étudiants. Nous y sommes quasiment « maternés ».

A la rentrée l’université nous a offert une journée de cohésion, nous avons été amenés en bus dans un parc romantique au bord du Saint Laurent pour une réception et des visites. Il y a aussi moins de formalisme entre étudiants et enseignants. Mais de façon générale, ce qui m’a le plus étonné ne relève pas du cadre universitaire : c’est l’échelle du territoire. Tout est loin de tout, tout est vaste et beaucoup moins dense qu’en France. On croit pouvoir se rendre facilement d’un point à un autre, d’une ville à une autre, mais non. L’appréhension de la grande échelle territoriale a été pour moi la rupture la plus forte.

Avez-vous profité de ce séjour pour visiter d’autres parties du Québec ?

J’ai pu aller voir les baleines à l’embouchure du fleuve Saint Laurent et j’ai fait de nombreuses randonnées dans les immenses parcs du Québec. J’ai visité la partie sud de la Gaspésie et plus classiquement Montréal, Toronto et les chutes du Niagara en hiver.

L’expérience de cet échange est donc pour moi très positive et une fois le temps d’adaptation passé et le choc climatique encaissé la vie au Québec est des plus agréables !

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Margot Bergerand a effectué une partie de son année universitaire  de Master 2 Urbanisme-aménagement à l’Institut d’Urbanisme de Montréal (Université de Montréal).

 

 

Quelles ont été vos premières impressions lors de votre arrivée à Montréal ?

Je suis arrivée à Montréal au mois d’août, à la fin de l’été. A cette période de l’année, la ville déborde de vie et toutes sortes de manifestations gratuites viennent animer les parcs et les espaces publics temporairement piétonnisés : festivals de musique, projections de cinéma en plein air, arts de rue, installations sportives et ludiques. J’ai retrouvé cette même fréquentation urbaine en hiver. Pas d’hibernation, malgré le froid et la neige les Montréalais ne changent pas leurs habitudes et la ville reste animée malgré tout : patinoires extérieures, luge au Mont-Royal, installations artistiques …

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Montréal en hiver

Combien de temps a duré votre séjour au sein de l’Institut d’Urbanisme de Montréal ?

Mon séjour a duré 5 mois, de septembre 2013 à janvier 2014 . J’ai suivi un atelier de diagnostic urbain (Atelier d’intégration) et trois cours (Analyse de milieu et design urbain, Mise en valeur des ensembles urbains, Québec Urbain) programmés au semestre d’automne. L’atelier était finalement assez proche de l’atelier de diagnostic suivi en Master 1 à l’IUAR. J’aurai préféré suivre l’atelier d’intervention, plus proche de l’atelier de projet du Master 2, mais cet atelier se déroule au semestre d’hiver, à partir de janvier.

Quelles principales différences avez-vous pu observer entre le système universitaire français et le système québécois ?

Le système universitaire québécois est relativement différent : les étudiants semblent avoir plus de latitude pour composer un cursus de formation « à la carte » suivant leurs centres d’intérêts ou leur projet professionnel. Les relations entre étudiants et enseignants sont aussi plus faciles, en cours il y a beaucoup plus de participation et d’échanges. Les étudiants québécois ont l’habitude de poser facilement des questions et l’organisation de l’enseignement est plus propice aux débats, en ménageant des temps d’échanges. S’il y a relativement peu d’heures de cours, le travail personnel est important, notamment en termes de lectures préparatoires. (coupure du texte initial ici) Enfin, le regroupement au sein de la Faculté d’Aménagement de l’Institut d’Urbanisme, de l’École d’Architecture et de Design apporte une grande proximité entre les étudiants de formations différentes.

Comment s’est passé le travail au quotidien avec les étudiants montréalais ?

J’ai été surprise du nombre important d’étudiants français présents à l’Institut d’Urbanisme de Montréal, outre les étudiants qui comme moi bénéficiaient d’un programme d’échange inter-universitaire nombreux étaient directement inscrits à l’UdeM hors échange. Aussi, dans certains cours la moitié de la salle était constituée d’étudiants français. La rencontre avec ces derniers était donc plus aisée dans les premiers temps, mais rapidement, le travail de groupe m’a également permis de rencontrer des étudiants québécois.

Durant cet échange, j’ai également participé à une « charrette » inter-universitaire qui associait l’UdeM et l’Université McGill. La commande proposée par un des arrondissements de la ville de Montréal consistait à réaménager une place publique. Ce fût une très belle expérience et notre équipe a remporté le deuxième prix.

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Hall Institut d’aménagement et d’urbanisme de Montréal

Avez-vous profité de ce séjour pour visiter d’autres régions du Québec ?

Oui bien sûr. Montréal est un point de départ exceptionnel pour visiter le Québec et le nord-est des États-Unis. Il suffit d’une heure de voiture pour aller explorer les Laurentides, ou d’autres vastes espaces naturels de forêts et de montagnes dans les environs. Je suis également allée visiter la ville de Québec (à trois heures de voiture) et New York (un car au départ de la gare routière de Montréal permet de s’y rendre en une dizaine d’heures).

Votre retour à l’IUAR en cours d’année universitaire et votre intégration dans la spécialité Design urbain se sont-ils bien passés ?

Oui ça s’est très bien passé. Cela était un peu étrange au début de devoir ré-intégrer une spécialité avec un esprit de promotion déjà bien constitué. Mais mes co-équipiers d’atelier ont été formidables et m’ont permis de très vite prendre mes marques et d’intégrer la conception du projet d’aménagement en cours sur la requalification de l’entrée sud de Vitrolles.